Introduction à la HDR
L’HDR, derrière ces trois initiales se cache l’expression High Dynamic Range, en français, Grande Gamme Dynamique (GDD, mais personne ne parle jamais de GDD, les acronymes français c’est ringard). La HDR, l’imagerie à grande gamme dynamique, est une technique de prise de vue et de traitement des images permettant de restituer, sur le cliché final, une plus grande gamme de couleurs q’une simple photographie pourrait contenir.Compris? Non? Ok, je vous explique...
Nos yeux sont meilleurs que la photo

Nos yeux sont de magnifiques merveilles de technologie qui sont capable de percevoir, merci le cerveau, la différence entre deux couleurs très proches. Une photo, même une photo argentique, sera toujours infidèle à la réalité, car elle ne peut restituer autant de nuances de couleurs que l’homme peut percevoir. Un problème associé est qu’il est parfois très compliqué d’exposer correctement à la fois les ombre et les lumières, alors qu’encore une fois, nos yeux sont très bon à ce petit jeu.
La HDR en deux mots
La théorie de la prise de vue HDR est assez simple, mais requiert un appareil sur lequel on peut modifier l’exposition, ce qui est le cas de tous les boitier «reflex», et de plus en plus de compacts «experts». En fixant l’appareil sur un trépied, c’est mieux, il suffit de prendre une image normalement, ou plutôt moyennement, exposée, une image sous-exposée, et une image sur-exposée ---- sur certains appareils, il suffit d’enclencher la fonction bracketing pour automatiser le processus. L’image sous-exposée va permettre de récupérer des détails dans les ombres et les couleurs les plus sombres, tandis que l’image sur-exposée permettra de récupérer des détails dans les zones lumineuses et les couleurs claires. Rien n’empêche de s’arrêter à trois images; mais quand le sujet s’y prête (monuments aux détails complexes, images en début de journée ou à la tombée de la nuit), on peut pousser jusqu’à cinq images, à -1ev, -0,5ev, 0ev, +0,5ev, et +1ev (très sous-exposé, sous-exposé, normal, sur-exposé, très sur-exposé pour les novices en photos

Une fois ces clichés d'une même scène obtenus, il convient de les assembler par ordinateur. Plusieurs logiciels sont capable de le faire.
Seul problème : l'image obtenue par la fusion des précédentes images… est juste inutile, car nos écrans d'ordinateur, et même les meilleures imprimantes, sont incapables de restituer une telle gamme dynamique (en général, les clichés de sortie HDR sont codés sur 32 bits). Joli paradoxe, je sais, mais c'est là qu'interviennent, encore eux, nos logiciels. En fait, quand vous prenez une image LDR avec votre appareil photo, vous obtenez un rendu «appareil». En créant une image HDR, vous obtenez un rendu «scénique», plus fidèle à la réalité. Il va donc falloir réussir à créer une image qui ait un rendu proche du rendu «scénique», mais qui puisse être affiché sur un écran d'ordinateur — en tout cas tant que nos écrans ne rendront pas 32 bits par pixel.
«Voir» le HDR : le tone-mapping
C'est là qu'intervient l'étape de tone-mapping, qui est un moment de calcul où il va s'agir de compresser la gamme dynamique à quelque chose de plus facile à percevoir, en attribuant à certaines couleurs une autre couleur (par exemple, en attribuant à trois gris très proche une seule et même valeur d'un gris médian — ou en attribuant à trois gris une seule valeur de rouge, si l'on veut changer l'ambiance de l'image). Selon l'algorithme utilisé, et selon les réglages employés, le rendu sera tout à fait différent. On fait des photos HDR pour pouvoir avoir énormément de détails à la fois dans les ombres et les lumières, et obtenir un résultat très réaliste — obtenir sur le papier la même sensation que quand "j'ai vu" l'image. A partir des trois photos ci-dessus, on peut obtenir cette image ci-dessous, très réaliste, et plus riche que l'image exposée "simplement" (avec notamment les détails des nuages dans le reflet) :

Encore une autre photo HDR rendue de manière réaliste, cette fois pour avoir un ciel très dense, des ombres riches, et une lumière agréable. Rien de spectaculaire, mais une image riche en couleurs :

Allez, un petit troisième, pour m'assurer que vous aviez bien compris, avec cette fois une image d'une fontaine à Washington, avec un ciel bien exposé avec des détails dans les nuages, et une fontaine bien exposée, avec des détails dans la texture et dans les ombres :

Pour vous donner une idée, je suis à peu près sûr que le cliché moyen pris par tout touriste devrait donner une fontaine complètement dans le noir, avec un ciel grillé, ou l'exact contraire.
Voila pour les bases de la HDR. Maintenant à vos appareil!!!